En cette période d’intense activité footballistique, il est intéressant de se pencher sur le rôle atypique et si indispensable de l’arbitre, dont la présence est aussi discrète que stratégique.

Ce personnage de l’ombre se rappelle à notre attention dans les situations de crises et n’hésite pas à faire preuve d’une autorité qui force le respect.
Qui peut se vanter d’avoir le courage de donner un carton à un joueur valant plusieurs dizaines de millions d’euros, devant plusieurs centaines de millions de spectateurs, en n’ayant en tout et pour tout qu’une poignée de secondes ?

Ce personnage qui reste en retrait, loin des projecteurs, mais qui n’hésite pas à s’avancer, qui prend rapidement des décisions lourdes de conséquences et qu’il sevra parfois défendre, dans un environnement ultra pressurisé, nous fait poser la question. N’y a-t-il pas là quelques leçons dont un dirigeant puisse s’inspirer ?

Un premier élément de réponse réside dans la posture de l’arbitre. Là où autant de responsables se placent en première ligne, participant à toutes les actions et par là même imposant leur présence au plus grand nombre, l’arbitre en revanche se place en position basse. C’est simple, les arbitres déterminent la qualité de leur prestation au nombre d’interventions.  Plus leur nombre est faible, meilleure est leur performance.
A première vue, cette auto-évaluation par la faiblesse du nombre d’actions engagées peut sembler paradoxale. Mais à mieux y réfléchir, elle semble évidente. N’est-ce pas le but de tout manager que d’avoir face à lui un jeu fluide et sans interruption ne soufrant d’aucun accroc ? La gestion de crise est l’une des responsabilités du manager, mais elle ne doit pas en être la principal composante. Si t-elle est le cas, il faut alors s’interroger sur le fonctionnement de l’équipe ou de la structure dans laquelle elle évolue.

Un deuxième élément serait la rigueur avec laquelle les arbitres jettent un œil sur leur performance. Regardant plusieurs fois, au ralenti, le match qu’ils viennent d’arbitrer. Cherchant les optimisations possibles et n’ayant pas peur de prendre de face les critiques.  Cette introspection est primordiale à leur processus de perfectionnement continu. Mais elle peut également briser la confiance en soi de qui n’est pas préparé à regarder ses erreurs en faces. Isoler le positif, pour ne garder que le négatif et le transformer en positif. Cette démarche demande une honnêteté et une force de caractère qui une fois de plus fait honneur aux arbitres.

Un dernier élément qui parlera peut-être d’avantage aux directeurs et managers. On entend souvent les commentateurs et analystes sportifs dire que l’arbitre fait preuve de « courage ». Face à des enjeux colossaux, les arbitres parviennent à se détacher de la pression ambiante et à juger des situations parfois complexes en une fraction de seconde. Ils expriment un jugement, qui va à l’encontre d’une partie des acteurs qui ne se gênent pas pour exprimer leur désaccord. Confronté à tous ces égaux, l’arbitre tient sa posture et impose son autorité sans faille. Gare au joueur qui décide d’aller à l’encontre de sa décision, car à ce jeu, l’arbitre est toujours gagnant.

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La Posture De L’Arbitre, Une Inspiration Pour Le Leadership ?