L’attention est un socle relationnel primordial qui permet d’établir avec autrui un lien unique. C’est un processus impliqué dans la majorité de nos actions quotidiennes sans que nous n’en ayons vraiment conscience. Au-delà de ses champs classiques d’utilisation (au travail, en formation, à la maison, auprès d’enfants…), l’attention est une compétence positive qui est impliquée dans les processus de bienveillance et d’empathie. Les performances au travail sont donc en corrélation directe avec l’attention.

 

L’attention se définit comme un processus de sélection et de maintien au niveau conscient

Le processus ‘attentionnel’ intervient lors de l’encodage en mémoire mais également dans l’adaptation aux changements d’environnement. Il nous permet par exemple, de ne pas nous mettre en danger inutilement grâce à une évaluation rapide des risques lorsque l’on réalise une tâche. Néanmoins, l’attention n’est pas constante, et varie en fonction de notre état, de la situation, des interférences. Il existe différentes formes d’attention (sélective, partagée, volontaire) en fonction de l’activité pratiquée.

Tendance physiologique ou comportementale?

Cependant, depuis quelques années, on observe un essor diagnostic de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec de l’hyperactivité). Cela peut laisser penser à un déclin de cette fonction cognitive.
D’une manière générale, il semble aujourd’hui, de plus en plus difficile de fixer son attention. Nous sommes en permanence coupés dans notre travail. Notre cerveau doit ‘engrammer’ une multitude de nouvelles informations au cours d’une journée. La « to do » liste ne cesse de croître.

Trop d’info tue l’attention

Cette sur-information entrave notre focalisation ce qui entraine une baisse de l’attention, une augmentation du stress et par conséquent une réduction de la qualité de travail. Cela nous force à répartir notre attention sur multiples sujets (répondre à un sms pendant une conversation par exemple) ce qui accroît le risque d’erreur 50 fois et a de plus un impact négatif sur nos ressources cognitives (d’après les recherches de Sinan et Brynjolfsson). Si ce n’est pas par d’autres choses, notre esprit se disperse lui-même et vagabonde.
De plus, la masse d’information ralentit le processus décisionnel, ce qui fait perdre un temps précieux. La conséquence directe est une perte d’argent, car comme l’adage le dit : « le temps, c’est de l’argent ».

Intelligence émotionnelle

Selon Daniel Goleman, l’attention est la base de l’intelligence émotionnelle, cette capacité de raisonnement et d’analyse des réactions primaires qui apparaissent dans des situations précises. Il y aurait une correspondance entre l’attention et le fait d’être un bon leader ou non.
L’expression « faire attention à » en témoigne. Lorsque que l’on accorde du temps à une personne, cela la valorise, la condition dans un état positif et lui donne envie de bien faire en gage de reconnaissance. Grâce à l’attention, le leader pourra développer une meilleure concentration, une augmentation de sa résilience et un meilleur sens emphatique.
Les conséquences positives de l’attention apportent un bénéfice non seulement au leader (développement de l’empathie et la compassion) mais également aux collaborateurs qui se sentent reconnus et dans un état de bien-être.