LE LEADER MODERNE DOIT SAVOIR ÉCOUTER.

PAR SÉBASTIEN BIESSY

Après presque cent ans de guerre entre l’Angleterre et la France,  nous sommes à la veille de la Grande Bataille, d’une de ces batailles décisives qui décident du sort des conflits

L’armée d’Henry V, débarquée en France depuis plusieurs mois, a déjà connu un long siège, puis trois mois de marche forcée à travers la Normandie et la Picardie. Le froid, la faim, la maladie ont eu raison du moral des troupes. Demain, ils vont affronter les armées fraiches du Roi de France, avec un rapport de un à cinq. Les soldats n’y croient plus, leurs chefs non plus…

Ecouter pour engager

Selon Shakespeare, Henry V a alors une fulgurance exceptionnelle, de celles qui font les grands chefs, les leaders avec un Grand « L » : il se déguise… Il se déguise en simple soldat et va bivouaquer. Il va tout simplement, le temps d’une nuit, devenir l’un d’entre eux – IL VA LES ECOUTER ! Il va entendre leurs espoirs, leur désespoir, leurs attentes et leurs peurs… Il va tout simplement les comprendre, et leur répondre par ce magnifique discours (« We few, we happy few, we band of brothers… »), celui qui va galvaniser les hommes, changer leur état d’esprit, les ENGAGER et les conduire à la victoire !
Dès le XVIIème siècle, Shakespeare avait déjà compris qu’il n’est pas de grand leader qui n’écoute ses équipes. Loin d’être une simple tendance dans laquelle tous, entreprises et consultants, s’engouffreraient pour quelques mois ou quelques années, cédant aux sirènes en vogue, la prise en considération des hommes, de leurs perceptions, de leurs attentes est un des aspects prégnants et cruciaux du leadership !
Qu’on ne s’y trompe cependant pas. Il ne s’agit pas d’essayer de faire la synthèse des envies de chacun et d’essayer d’y répondre dans une approche individualisée et dispersée. L’entreprise, dont il faut se rappeler qu’elle n’est pas une démocratie, n’est pas la somme des intérêts personnels des individus qui y travaillent, mais bien une organisation dont le but ultime est de tendre vers le bien commun.
La raison d’être de l’entreprise, ce à quoi elle tend, comment elle compte y parvenir (Simon Synek, si tu nous entends ?), sont autant d’éléments qui permettront à tous de comprendre que leur travail tend vers un but ultime plus grand que la somme de leurs intérêts personnels.
Comment cependant s’assurer que ce « graal » auquel prétend la firme est bien compris, perçu, vécu par ses collaborateurs ? Par le plus simple des moyens : l’Ecoute ! A l’image d’Henry V se chauffant au même feu que ses soldats, s’asseoir aux côtés des salariés et prendre leur pouls.

La mesure moderne

Difficile cependant pour le leader du XXIème siècle, dont la photo circule sur tous les réseaux sociaux, de se promener anonymement au milieu de ses troupes. Mais Dieu merci, ce même leader dispose aujourd’hui de formidables innovations technologiques qui vont lui permettre d’organiser une écoute à grande échelle, une écoute active, une écoute permanente, une écoute si efficace qu’elle se transforme… en un instrument de mesure !
« Tout ce qui se mesure s’améliore », répétait mon professeur de physique au collège. Nul doute que…

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