Par Bernadette Lecerf-Thomas

Quelles seront les principales qualités requises pour diriger demain ? Bernadette Lecerf-Thomas, auteur de « Manager avec les neurosciences », coach superviseur, conférencière et formatrice, nous livre une lecture intéressante de la classification établie dans le cadre du forum de DAVOS. Cette analyse a été publiée dans la revue RH&M.
Le forum de DAVOS a établi une hiérarchie de qualités requises pour diriger en 2020.
Il propose une cohérence cognitive et émotionnelle qui préfigure les profils des leaders transformateurs dont nous avons besoin pour construire un futur différent.

Voici un tableau comparatif entre les qualités requises en 2015 et leurs évolutions pour 2020. Il est issu des travaux des experts de DAVOS :

Le top 10 des qualités requises pour diriger :

2015 2020
1. La résolution de problèmes complexes La résolution de problèmes complexes
2. La coordination avec les autres L’esprit critique
3. La gestion des talents La créativité
4. L’esprit critique La gestion des talents
5. La négociation La coordination avec les autres
6. Le contrôle de qualité L’intelligence émotionelle
7. Le sens du service Le jugement et la prise de décision
8. Le jugement et la prise de décision Le sens du service
9. L’écoute active La négociation
10. La créativité La flexibilité cognitive

La résolution des problèmes complexes reste le champion du palmarès. L’esprit critique prend la deuxième place, suivi de près par la créativité qui passe de la dernière à la troisième position. Apparaissent l’intelligence émotionnelle et la flexibilité cognitive dans le top 10 des qualités requises pour diriger, alors que le contrôle qualité et l’écoute active sortent du palmarès. Les compétences systémiques et relationnelles deviennent de plus en plus importantes. L’ensemble des talents proposés pour 2020 devient clairement complémentaire pour l’élaboration de stratégies visant la résolution de problèmes complexes.

L’esprit critique : savoir inhiber, confronter, vérifier… 

Les neurosciences cognitives aident à comprendre pourquoi pratiquer l’esprit critique est plus difficile qu’il n’y paraît. Nous évaluons la fiabilité d’une information au travers d’émotions qui sont intimement liées à nos souvenirs et réciproquement. La mémoire et ses routines, les émotions et leurs stimulations sous-terraines, amènent à donner de la valeur à partir d’un référentiel dont nous méconnaissons les automatismes.
C’est Daniel KANEMAN qui, le premier, a démontré le rôle des modes routiniers de la pensée et de leurs impacts sur les décisions. Des chercheurs en neuroscience, comme Antonio DAMASIO, ont montré comment la mémoire se consolidait sous l’emprise des émotions. Ces processus, précieux pour la survie, sont contrariants quand il faut « prendre le temps » d’ouvrir ses perceptions à de nouveaux critères dans un monde où tout va vite.
Olivier HOUDÉ, professeur en psychologie du développement, conseille de travailler l’esprit critique dès le plus jeune âge, afin d’apprendre à résister à son propre cerveau. Cette capacité cognitive – dont il appelle le déclencheur « shifting » – consiste à savoir désapprendre/apprendre des modes de raisonnement qui ont structuré notre pensée. Elle impose de savoir douter de ses perceptions/raisonnements.
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Cet article est extrait de la Revue RH&M* n°65 d’avril 2017. Vous pouvez lire l’intégralité des articles de ce numéro dans la revue RH&M
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