Les restructurations d’entreprise sont des démarches longues et complexes, qui doivent être pilotées avec une grande vigilance et beaucoup de prudence, en particulier si elles sont déployées lors d’une période de crise ou d’urgence. Tour d’horizon des 5 écueils à éviter lors de la restructuration d’une entreprise en difficulté.

1) Attendre trop longtemps avant de restructurer son entreprise

Des difficultés financières, une rentabilité en baisse, une insolvabilité face aux créanciers, un désengagement des collaborateurs ou encore une perte de confiance des partenaires sont autant de signaux qui doivent alerter le dirigeant sur l’éventuelle nécessité d’un retournement. 

La première erreur est de sous-estimer la situation, et de repousser la restructuration trop longtemps, que ce soit par déni, par manque de recul ou par peur de devoir prendre des décisions difficiles. Retarder une restructuration qui semble pourtant inévitable risque en effet d’aggraver la situation et de nécessiter des mesures encore plus radicales (liquidation judiciaire, licenciements pour motifs économiques, cession, procédures collectives, suppressions de postes…).

2) Ne pas communiquer sur sa restructuration d’entreprise

L’une des clés de la réussite de toute transformation profonde est une communication efficace et transparente, alliée à une écoute active. 

En effet, les restructurations sont des bouleversements difficiles à vivre pour les équipes. D’où la nécessité pour le chef d’entreprise et les principaux décisionnaires de communiquer largement avec  les collaborateurs, les représentants du personnel, et les partenaires (clients, fournisseurs, prestataires…) dès l’émergence du projet de restructuration. 

La communication doit être réfléchie, maîtrisée et organisée au travers de réunions régulières planifiées tout au long du processus de restructuration. Cela permettra de tenir les collaborateurs au courant, en temps réel et par étapes, du déroulement des opérations de restructuration, et en particulier des actions qui pourraient les impacter directement (réorganisation des services, licenciement économique, Plan de sauvegarde des emplois, reclassement…).

3) Manquer de rigueur dans son plan d’action 

Le plan de restructuration doit être élaboré avec attention, après avoir réalisé un audit complet de chaque aspect de la situation de l’entreprise. Les différents objectifs listés doivent être balisés par des étapes claires, définies dans le temps. Le plan d’action doit également faire l’objet d’un suivi rigoureux, qui évalue l’avancement de la restructuration et assure son bon déroulement.

4) Ne pas oser renouveler  

Une restructuration ne sous-entend pas toujours un changement radical de modèle organisationnel. Toutefois, il est essentiel de remettre en question l’intégralité du fonctionnement de son entreprise : organisation en interne, pertinence du positionnement, viabilité du modèle économique, satisfaction des clients, avantage concurrentiel…

Cette étape est fondamentale pour permettre d’identifier les sources réelles des dysfonctionnements, et mettre en place des solutions correctives. L’autre impératif est de revoir son modèle en accord avec les nouvelles exigences du marché, et d’arriver à discerner les pratiques obsolètes. 

5) Manquer de recul sur la situation

Le manque de recul est l’une des causes les plus fréquentes de l’échec des restructurations d’entreprise. L’implication émotionnelle, le déni ou la peur constituent de véritables obstacles au bon déroulement d’une restructuration et aux prises de décisions efficaces. 

Chaque décision doit ainsi être prise de manière ultrapragmatique et avec le plus d’impartialité possible. L’erreur à ne pas commettre est de laisser l’émotion guider les décisions, et de manquer de perspective sur la réalité de la situation.

Toutefois, ces erreurs restent fréquentes et sont souvent difficiles à éviter quand la restructuration est menée en interne. C’est pourquoi la décision la plus salutaire pour les entreprises en difficulté reste de faire appel à un manager de transition.

Impartial, pragmatique, dynamique et leader naturel, il pilote la restructuration d’une main de fer, afin d’assurer la survie de l’entreprise et préserver sa compétitivité.  

 

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