Ressources humaines : un DRH peut-il rester humain?

Les pratiques des grands groupes français ressemblent- elles vraiment à ce monde inhumain que décrit Corporate ? Sorti en salles le 5 avril, le film a suscité un tollé chez les directeurs de ressources humaines (DRH), qui l’ont découvert lors d’une projection privée et d’une rencontre avec le réalisateur et le scénariste.
L’histoire se déroule dans une entreprise dont le DRH dévoile à ses équipes les nouveaux objectifs, à l’occasion d’un séminaire à Chamonix. Des salariés devront partir. Mais à aucun moment il n’est question de plan social, d’accompagnement du personnel ou d’indemnités de départ. Les managers qui participent à ce séjour de team building – avec raid en traîneaux à chiens – doivent comprendre par eux-mêmes qu’il leur faudra pousser des salariés à considérer qu’ils n’ont plus leur place dans la société, et à démissionner. Sauf que l’un d’eux finira par se défenestrer sur son lieu de travail.

«  En tant que responsables des ressources humaines, nos adhérents ont été heurtés par la vision du film très négative, froide et cynique sur l’entreprise, réagit Bénédicte Ravache, secrétaire générale de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH).

Et encore plus sur la fonction RH telle qu’elle est présentée.  » Caricatural ? Le réalisateur, Nicolas Silhol, est loin d’être étranger au monde de l’entreprise. Fils d’un professeur de management à Polytechnique et HEC spécialisé en gestion des ressources humaines, il dit avoir beaucoup discuté avec lui de ces enjeux. Et pour son film il s’est directement inspiré de l’épisode des suicides à France Télécom, en 2008-2009, avant que l’ancien opérateur public ne prenne le nom d’Orange.
A l’époque, 16 000 suppressions d’emplois avaient été mises en œuvre, d’une façon ou d’une autre. Une trentaine de salariés avait craqué, et mis fin à leurs jours. L’action intentée contre la société et son PDG de l’époque, Didier Lombard, n’a toujours pas abouti. La contestation, par deux autres dirigeants de l’entreprise (dont le DRH), de leur mise en examen pour complicité de harcèlement moral a ralenti la procédure. Reste l’expression utilisée, dans la lettre laissée par l’un de ces salariés qui se sont donné la mort, gravée dans les mémoires : « management par la terreur ». Une expression qui a résonné aussi à La Poste, chez Renault et même à Pôle Emploi.

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wayden96