L’ego se définit comme la représentation qu’un individu a de lui-même. Il connait donc un accroissement ou un appauvrissement lors des différents moments de vie. Plus l’Homme se sent valorisé et soutenu plus son ego connaitra une augmentation. A l’inverse, une dévalorisation et un manque de soutien constant entrainent une diminution notable de l’ego.
Bien qu’il s’agisse ici d’une généralité, on retrouve un phénomène similaire dans le monde de l’entreprise. Un succès notable s’accompagne généralement d’un accroissement de l’ego. Un ego sur-dimensionné amène le leader à ne plus écouter les personnes l’entourant, pensant être le maître de la connaissance absolue. Cela affecte, logiquement, les réflexions et prises de décisions.
Afin d’illustrer ces dires, citons le cas du groupe Carlsberg. Cees’t Hart (PDG), explique qu’il a préféré quitter son bureau VIP où il ne voyait presque personne pour occuper un bureau plus modeste, au milieu de tous et ainsi pouvoir piloter son équipe de manière efficace. De façon similaire à Cees’t Hart, son ego est « descendu d’un étage ». Un ego excessif va de pair avec un isolement, coupant contact avec d’autres employés.

Pourquoi l’ego connait-il un accroissement en parallèle du pouvoir ?

Lorsque l’on acquiert du pouvoir, chacun nous prêtera davantage d’attention, et aura une tendance à l’acquiescement. Ces deux facteurs favorisent une augmentation de l’ego, autrement appelé « syndrome de l’hubris ». Il convient de prendre garde dans le but de ne pas perdre en chemin une perception objective de la réalité et d’aller à l’encontre de ses valeurs.

L’ego et ses impacts négatifs

Nous retrouvons un certain nombre d’impacts négatifs, résultat d’un ego démesuré.
Notre postulat de départ sera que l’ego nous rend sujet à davantage de vulnérabilité. Il nécessite également une attention particulière, c’est pourquoi si autrui le perçoit, il sera aisé pour lui de manipuler.

La contrainte d’être perçu comme un être admirable pousse à commettre des erreurs pour soi-même, les autres et, à plus large échelle, l’entreprise. L’ego incite a devenir égoïste. Ainsi il est plus complexe de comprendre les conséquences de nos erreurs.

De plus, un égo démesuré réduit le champ de vision de celui qui le possède de par une recherche incessante et obstinée de raison. La personne se renferme ainsi dans une sorte de bulle qui le contraint à ne percevoir que les éléments arrangeants.

Cela provoque une cession de tout contact avec autrui.

De potentielles solutions en tant que leader

Afin de se dégager de cette bulle nuisible à tous, il convient de faire des efforts, faire preuve de témérité, d’altruisme et de réflexion. Pour ce faire, il est conseillé de :

  • Lister les bénéfices et profits découlant de votre statut au sein de l’entreprise afin de vous rapprocher des autres.
  • Entretenir et développer des relations avec des personnes n’ayant pas peur d’exprimer leur ressenti.
  • Se concentrer sur le fait d’être reconnaissant, empathique et humble au quotidien.

Un bon leader ne peut avoir un ego démesuré car la question du leadership est avant tout humaine. Il faut réussir à mettre de côté son ego quand il le faut et ainsi élargir son champ de vision, ainsi que sa perspective.

Pour retrouver l’article original de Jacqueline Carter et Rasmus Hougaard : https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2018/12/23564-lego-est-lennemi-des-bons-leaders/