Quand peut-on parler de crise en entreprise ?

Au sein d’une entreprise, les crises peuvent se manifester de multiples façons.

La crise peut être liée à une cause interne : forte baisse de l’activité, problème de trésorerie, multiples démissions, désengagement des salariés, perte de grands comptes, absence du dirigeant ou bien encore un pic d’activité inattendu et ingérable…

Des facteurs externes peuvent également mener à une situation de crise en société, comme le montre la crise sanitaire actuelle de la Covid-19, qui menace l’existence de nombreuses sociétés.

De manière générale, la crise est donc un événement exceptionnel et inattendu, qui vient bouleverser l’activité et mettre en péril la survie de l’entreprise.

Une gestion de crise mal maîtrisée peut donc avoir des conséquences très lourdes et préjudiciables.

 

Comment faire face à une gestion de crise ?

La gestion de crise doit être pilotée de manière rigoureuse, avec beaucoup de pragmatisme, en suivant plusieurs bonnes pratiques, telles que :

1. Adopter la bonne attitude face à la crise

La meilleure façon de faire face à une gestion de crise est avant tout d’adopter le bon état d’esprit.

En effet, l’implication émotionnelle, le manque de recul et le stress risquent de compromettre dangereusement les prises de décisions et d’impacter l’efficacité des actions.

Il faut donc veiller à prendre du recul sur la situation et à faire preuve d’un grand sang-froid. D’autre part, les équipes seront bien plus motivées et rassurées par un dirigeant qui aborde une crise avec confiance, calme et optimisme, tout en adoptant une posture défensive.

2. Mettre en place une cellule de crise

La cellule de crise doit réunir le dirigeant et les principaux décideurs de l’entreprise, ainsi qu’éventuellement les experts concernés (juriste, comptable…).

Cette équipe sera dédiée à la gestion de la crise, et se réunira pour élaborer un plan d’action et valider toutes les décisions stratégiques.

Solliciter l’intelligence collective au sein d’un groupe restreint permettra d’éviter les prises de décisions précipitées et d’assurer la bonne supervision de la gestion de crise.

3. Effectuer un diagnostic détaillé de la situation de crise

Malgré le caractère d’urgence qui peut souvent accompagner une crise, il est essentiel de prendre le temps d’effectuer un état des lieux exhaustif de la situation. Dès les premiers signaux d’alerte, il faudra réunir les chefs des principaux services et effectuer un état des lieux à tous les niveaux de l’entreprise (bilan financier, performances commerciales, efficacité opérationnelle, engagement des collaborateurs…).

4. Mettre en place un plan de gestion de crise

L’équipe de la cellule de crise devra prendre le temps d’effectuer un plan d’action réfléchi et pertinent pour répondre aux défis rencontrés. Cela peut amener à prendre des décisions délicates (licenciements, réduction des coûts, fermeture de sites…).

Le plan d’action doit, en premier lieu, écarter les plus grands risques et menaces immédiates, et stabiliser l’entreprise en mobilisant les ressources financières et humaines nécessaires.

D’autre part, en temps de crise, les repères sont souvent chamboulés. Il est donc important de se recentrer sur les valeurs de la société, qui serviront d’ancrage et de référence pour les actions menées.

5. Rassurer et fédérer les équipes

L’aspect humain est essentiel durant une gestion de crise. En effet, pendant ces périodes d’instabilité, les collaborateurs peuvent être amenés à perdre confiance et à s’inquiéter quant à la survie de l’entreprise et à la sauvegarde des emplois.

Il faudra donc s’assurer d’accompagner individuellement chaque collaborateur dans cette phase délicate, de motiver ses équipes et d’entretenir une ambiance sereine et dynamique.

Il est également essentiel de se montrer à l’écoute de ses collaborateurs et de leur donner l’occasion de partager leurs craintes au cours d’entretiens individuels ou de réunions en petits groupes.

Enfin, il est fondamental d’être très présent sur le terrain, auprès de ses équipes :  cela est crucial pour motiver les employés au quotidien et instaurer un état d’esprit d’entraide et de cohésion.

6. Soigner sa communication interne et externe

En période de crise, l’un des risques est que la notoriété de l’entreprise soit mise à mal.

Une communication de crise réfléchie et soignée est donc fondamentale pour préserver son image de marque et sa réputation sur le marché.

Il faut donc veiller à faire preuve de transparence et à tenir un discours harmonisé et clair, autant en interne qu’en externe, avec les clients, fournisseurs, prestataires, et partenaires.

7. Mettre en place des changements durables

Les crises sont de puissants révélateurs d’opportunités.

Pour cette raison, il est important d’instaurer un changement durable et de déceler les axes d’amélioration durant une crise. C’est l’occasion d’adopter de nouvelles pratiques, de refaçonner le modèle organisationnel, de renforcer les valeurs et de mettre en place de nouvelles stratégies.

8. Anticiper les crises futures

Pour limiter les risques de crise, il faut prendre le temps, au cours d’une période sereine, d’identifier les menaces potentielles, internes et externes.

Listez, avec les responsables des différents services (juridique, financier, commercial, informatique…), les pires scénarios qui pourraient se présenter et mettez en place un protocole pour chaque cas de figure, en indiquant les moyens dont vous disposez pour y faire face.

 

Externaliser sa gestion de crise : une décision salutaire

La gestion de crise reste une opération très difficile à piloter en interne. Pour assurer sa réussite, il est vivement recommandé de faire appel aux services d’un manager de transition.

Familiarisé avec les situations de crise et d’urgence, ce professionnel de haut rang saura actionner rapidement les bons leviers pour rétablir la situation. Par ailleurs, son impartialité et son regard extérieur permettront de mener des actions fortes et salutaires pour redresser rapidement l’activité.