Nouvelle stratégie de management : le bureau

Depuis bien longtemps, l’espace physique de travail est délimité par un cadre, des frontières.
Avec l’augmentation spectaculaire du prix de l’immobilier, il y a eu une rationalisation du mètre carré par bureau. Le but d’un bureau étant principalement, à l’époque, de « parquer » les salariés chaque jour et de réduire un maximum les charges.
Une majorité de locaux ont donc été réalisés de manière standard avec une pièce d’accueil, une salle de réunion et un ou plusieurs espaces de travail fixes…) pour répondre aux besoins aussi bien du point de vue architectural que du point de vue de l’aménagement de l’espace lui-même.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Actuellement, beaucoup d’entreprises cherchent à favoriser l’innovation et la créativité plutôt qu’à stationner dans la standardisation de l’ancienne ère.
Car un aménagement adéquat des espaces de travail est une piste très importante pour garantir l’amélioration du bien-être, des performances, ainsi que de la motivation des salariés au sein de l’entreprise. Pendant longtemps cet aspect s’est retrouvé hors des questions stratégiques et managériales de l’entreprise.
C’est ainsi que sont nées, dans la Silicon Valley, les start-up avec baby-foot, crèches, boutiques et offres accessoires en tous genres. Il ne s’agit pas d’une simple folie des entreprises mais bel et bien d’une nécessité en faveur des interactions, et par ricochet de l’innovation et de la créativité.
Ce type de bureau permet une organisation des flux (de personnes, d’idées, d’informations). Le lieu de travail permet la création d’un sentiment de communauté. C’est pourquoi le lieu de travail est devenu un outil stratégique en matière de management. Mais aussi un argument au niveau du recrutement. Architectes et managers devront considérer avec attention les questions des sciences dures et comportementales.

 

Les cinq principes

Nous retrouvons cinq principes encourageant l’intelligence collective.
Tout d’abord, le principe d’horizontalité vise à favoriser des locaux sur un seul et même étage dans le but augmenter les interactions. En effet, les personnes sont amenées à se rencontrer, échanger. Si cette horizontalité n’est pas présente (car les constructions souvent de type verticale), il convient d’en créer une. Par exemple, il peut s’agir d’ouvrir les espaces, de réunir des bâtiments (comme le cas des locaux de Facebook et Blablacar).
Ensuite, le principe des centres névralgiques, stratégiques, permet de rajouter à l’horizontalité, la centralité. Cela va passer par des espaces communs (jardin, café, espace de réception) qui permettent un croisement des flux.
Puis, le principe de transparence, lui, vise à pallier au sentiment d’isolement par l’élaboration d’un sentiment d’appartenance grâce à un échange visuel permanent.
Le principe de diversification, consiste quant à lui, à varier les usages et fonctions d’un lieu. Par conséquent, les interactions seront amplifiées car les travailleurs pourront réaliser leurs missions de divers manières.
Enfin, le dernier principe est celui de la déconnexion et de la sociabilité des lieux extérieurs. Avec l’essor du digital, l’Homme a besoin de se rapprocher physiquement, autant que possible, des autres et de la nature. Nous observons dans ce sens l’essor de rooftops, source de bien-être.

Pour retrouver l’article original de Philippe Chiambaretta : https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2018/11/23133-le-bureau-ce-nouvel-outil-de-management/