Partons de l’exemple trivial suivant : vous êtes employé dans une société. L’un de vos collègues commet une grosse erreur et met à mal l’un de vos projets. Quelle réaction convient-il d’adapter face à ce type de situation ?

Spontanément, nous sommes tentés de répondre avec énervement, voire colère, vu l’erreur commise et de la position délicate dans laquelle vous venez d’être placé. Cependant, des études confirment qu’il est préférable de réagir avec compassion qu’avec colère envers le fautif.

Réagir avec compassion n’est pas une mince affaire surtout lorsque la faute nous impacte directement. De plus, ce type de réaction ne possède pas que des avantages. Ne pas s’énerver retarde ou empêche le soulagement du stress ou de la colère ressentie. Cela n’aide pas non plus les autres employés à faire attention de ne pas commettre l’erreur à leur tour. Certains managers, au lieu de s’énerver, prennent sur eux et se servent de l’accroc pour que l’employé puisse tirer leçon de ses erreurs. Ainsi, on évite une nouvelle faute.

Des études en neurologie expliquent les impacts négatifs des mouvements de colère sur un sujet. Un sujet stressé se renfermera sur lui-même et par conséquent n’innovera plus pour sa société.
A l’inverse, l’individu au sein d’un cadre sécurisant aura davantage tendance à entreprendre et à être enclin à la créativité. De plus, nous observons comme conséquence directe de la compassion une augmentation de la loyauté et de la confiance des employés. En effet, des échanges chaleureux comptent autant, voire plus, que le salaire au niveau de la loyauté. Cette dynamique bienveillante envers l’employé impacte directement la productivité qui se trouve améliorée. L’expérience montre que nous sommes plus reconnaissants envers ceux qui nous ont expliqué les choses plutôt qu’envers ceux exprimant leur colère de manière impulsive. Nous pouvons relever également que de tels mouvements entravent le développement de la créativité.
Il reste évident que le sentiment de colère n’est pas seulement source de négativisme. Ce sentiment peut aussi servir de « booster » d’énergie lorsque nous devons mener des combats. Mais, la colère nous fait paraitre comme moins efficace auprès de nos N-1.

Afin d’éviter les excès, trois étapes sont à valider :
Tout d’abord, il convient de temporiser, prendre du recul et ne pas réagir impulsivement lorsqu’une faute est commise. Il ne s’agit pas de masquer sa colère mais de prendre le temps de l’estomper.
Ensuite, il est nécessaire de faire preuve d’empathie envers le fautif. C’est en se remémorant des fautes commises par nous-mêmes que l’on peut ressentir de l’empathie pour autrui.
Enfin, le pardon est la dernière étape de ce processus. Du coté du fautif, le pardon renforce la fidélité envers son supérieur. Du coté du supérieur, le pardon abaisse la pression artérielle ainsi que le stress.
D’une manière générale, la compassion et la sympathie auront des répercussions positives sur l’ensemble de la sphère de l’entreprise.

Pour retrouver l’article d’Emma Seppälä : https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2018/11/23283-pourquoi-la-compassion-est-une-meilleure-technique-manageriale-que-lintransigeance/.