Idéalement, vous pourriez motiver chaque décision pour échapper à l’arbitraire. Analyse, réflexion, consultation, information, réunion… constituent autant de moyens susceptibles d’être mis en oeuvre par le manager ; en fonction des circonstances et de l’importance de l’enjeu, pour prendre la meilleure décision possible. Mais, dans la plupart des cas, quand bien même le processus de décision aurait été collectif, la décision reste un acte personnel.

 

Participatif, collaboratif, ou descendant

Le manager peut pourtant trouver avantage à associer ses collègues ou ses collaborateurs à la prise de décision. Ce sera le cas, par exemple, quand l’adhésion à une décision délicate constitue un critère essentiel au succès. Quel meilleur moyen également de motiver ses collaborateurs que de les associer aux décisions qui les concernent ! D’autant qu’une décision mal accueillie est souvent mal exécutée.
De plus, le partage de la décision, en rendant les partenaires solidaires du choix arrêté, contribue à une mise en oeuvre plus efficace et facilite considérablement la communication de la décision.

La volonté de participation s’affirme comme une revendication courante dans les entreprises. Celles-ci tendent progressivement à intégrer cette tendance car les modes de prise de décision ; reposant strictement sur le pouvoir hiérarchique, répondent moins bien que par le passé à des structures organisationnelles de plus en plus horizontales.

Toutefois, partager le choix, c’est prendre le risque d’alourdir le processus de décision et la méthode doit être utilisée à bon escient. La première décision du manager sera donc de choisir, selon les circonstances, la bonne façon de décider.

 

ADAPTER son mode de décision

Adopter un mode de décision plutôt qu’un autre ne doit pas être abandonné au hasard.
”Décider” du mode de décision constitue une première prise de responsabilité dont les conséquences peuvent se répercuter directement sur la qualité de la décision finale. Une fois son choix arrêté, le manager ne pourra revenir en arrière si la méthode choisie ne répond pas à ses attentes. Sa crédibilité étant en jeu, le choix du mode de décision doit être lui-même réfléchi et assumé. 

Fondamentalement, le manager peut suivre deux voies : décider seul, éventuellement assisté des conseils de tierces personnes, ou partager la décision. Il est clair que les décisions quotidiennes, sans conséquences significatives, ne justifient pas la mobilisation de concours extérieurs. Mais, si rien n’oblige le manager à s’entourer des conseils de tiers, ne pas l’avoir fait pourrait a posteriori lui être reproché si la décision s’avère erronée. Il convient toujours d’agir avec prudence. Partager la décision apporte au manager un meilleur contrôle du risque. Pour optimiser les chances de succès, encore lui faut-il adopter parmi les différentes alternatives possibles, la méthode la plus appropriée aux circonstances.

 

4 méthodes de prise de décision : laquelle serait la votre?

  • La mise au vote : Chacun s’exprime et la majorité l’emporte.
    Avantage : la méthode est rapide et ne nécessite pas l’adhésion de tous les participants. Inconvénient : un certain nombre de participants peuvent ne pas être satisfaits de la décision. Le leader de la réunion risquant lui-même de faire partie du lot…

 

  • La moyenne : Faute de déboucher sur l’unanimité, on définit une solution intermédiaire.
    Avantage : personne ne rejette ou ne retient les propositions de départ, et donc personne n’est mis en défaut. Inconvénient : personne n’est satisfait pour les mêmes raisons. C’est typiquement ce qu’il est convenu d’appeler ”un consensus mou”. L’adhésion des participants à la décision le sera tout autant…

 

  • La voix de l’expert : En fonction du sujet évoqué, une tendance courante consiste à laisser s’exprimer la personne la plus expérimentée en la matière et à s’aligner sur sa recommandation.
    Avantage : l’argumentation est pointue. Inconvénient : une trop grande focalisation sur les aspects strictement techniques risque de présenter un caractère réducteur qui ne permet pas de rendre compte de toute la complexité du problème évoqué.

 

  • Le consensus actif
    Avantage : l’objectif poursuivi est l’adhésion de tous les participants à la décision pour profiter d’une mise en œuvre dans les conditions optimales. Inconvénient : la prise de décision consensuelle implique le respect d’une méthodologie stricte qui permet difficilement d’en systématiser la pratique.

 

Et garder toujours à l’esprit l’agilité et la souplesse requises par des contextes changeants. En conclusion, il est possible et même recommandé de réévaluer la méthode de prise de décision avec régularité !