Article de SIHAM BEN SALEM pour Focus RH

Les métiers liés aux chiffres en entreprise et plus généralement dans le monde de la finance vont être amenés à changer radicalement. On estime que, d’ici à 2020, la finance telle que nous la connaissons aujourd’hui aura disparu.
Le métier de DAF, auparavant concentré sur la production d’informations financières, devra être révisé pour s’adapter à un monde toujours en mouvement, très sécurisé. De nouvelles missions viendront s’ajouter pour répondre au phénomène de digitalisation des directions financières.
Pour former les DAF de demain aux changements majeurs auxquels ils vont devoir faire face, le système éducatif, et plus particulièrement les grandes écoles du second cycle, ont un rôle essentiel à jouer. Elles devront intégrer rapidement ces évolutions dans leurs programmes de formation avant que les nouveaux diplômés ne deviennent vite obsolètes avant l’entrée sur le marché.

Un métier en pleine mutation

Il y a plusieurs dizaines d’années, le directeur financier, très proche de la direction générale, était perçu par l’entreprise comme un technicien du chiffre, incapable de remplir d’autres missions inhérentes au fonctionnement général de l’entreprise. Aujourd’hui il s’émancipe et devient une des pièces maitresses de l’entreprise.
Selon Julien Blondel, Directeur Général Adjoint en charge de la finance chez Big Fernand (ancien de l’ICS Bégué, Promo 1993), « il doit garantir une organisation adaptée aux besoins de l’entreprise, savoir la faire évoluer et s’assurer que les grands équilibres opérationnels et financiers sont respectés ». Un DAF se doit d’être avant tout un généraliste.
L’évolution progressive du métier de DAF est liée majoritairement à la digitalisation des processus et aux évolutions de la structure des entreprises.
Le numérique conduit la finance à imposer un nouveau modèle opérationnel, basé sur l’analyse tout azimut des données pour comprendre l’impact financier de tous les évènements et décisions opérationnels et la mise en place de services intégrés et de centres de contrôle de communication pour offrir un service complet et fiable à la direction de l’entreprise. Le digital ouvre de nouvelles perspectives aux directeurs financiers également avec la création de plateformes cloud capable de surveiller, planifier et analyser. Il est difficile de croire aujourd’hui qu’un robot puisse répondre à une analyse aussi pointue.
Pourtant, les directions financières comptent bien utiliser la robotisation des outils dans le but d’automatiser, voire même éliminer, plus de 40% des transactions comptables d’ici quelques années. Tous ces outils à la pointe de la technologie seront également nécessaires pour faire face à la cybercriminalité devenue l’un des fléaux les plus actuels aujourd’hui dans le monde de la finance.

 

DAF : une fonction de plus en plus stratégique

Grâce à l’ensemble de ces mutations, le DAF devra concentrer autour de lui plusieurs services, d’experts de la finance, de l’audit même aussi de la communication, capable de lui transmettre des informations détaillées pour l’aiguiller dans l’ensemble des décisions qu’il aura à prendre. Il occupe d’ailleurs des fonctions plus stratégiques d’aide à la prise de décision auprès de la direction depuis quelques années, selon 73% des DAF interrogés. En effet, la relation qu’entretient le DAF avec le dirigeant d’une PME tend à évoluer. Pour Julien Blondel, il doit être « un partenaire et non un technicien ».
L’entreprise doit totalement reconsidérer le rôle du DAF. Véritable locomotive pour créer de la valeur à l’entreprise, le département financier deviendra le centre de la création de valeur de l’entreprise digitale de demain.
Les entreprises rechercheront plus volontiers un profil ayant une première expérience en cabinet, permettant d’acquérir un modèle structurant de travail, qu’il conservera tout au long de sa carrière. Des compétences en management, des qualités de leadership, la capacité de prise de risques, l’esprit d’équipe et d’innovation seront exigées. L’ouverture d’esprit et une bonne communication avec l’ensemble des équipes de l’entreprise seront également appréciées pour devenir le DAF de demain. Plus la compréhension du métier de l’entreprise et de son marché est étendue, plus il sera à même de proposer des options stratégiques adaptées.
Selon Julien Blondel, « un bon DAF en PME doit savoir certes s’appuyer sur des techniques, mais doit surtout aimer jouer un rôle nettement plus généraliste de conseiller privilégié du dirigeant, au-delà des chiffres. »

 

Former des managers avant tout

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