Notre cerveau adore les habitudes. Si vous ne le stimulez pas, il reste blotti dans ses zones de confort. Au contraire, s’il est chahuté, il se met en alerte. Peur, fuite, évitement, camouflage, diversion, déni : il déclenche tous azimuts des réflexes pour se protéger du… changement. Sa bête noire. Dès lors, on comprend mieux la peur-panique qui nous a saisis face à l’arrive inopinée du Covid-19, et les tremblements planétaires qui s’en sont suivis.

 

Invisible et nomade

Invisible et nomade, ce virus dévastateur est venu mettre à mal tout l’équilibre que nous pensions avoir construit. Exit l’agitation du métro, boulot, dodo. Place au confinement et avec lui, à l’effondrement d’une grande partie de l’économie, soudainement gelée. Alors qu’on attend d’eux d’être aux premières loges de ce type de moments, bon nombre de dirigeants d’entreprise ont reçu un coup de massue sur la tête. Sonnés, déboussolés face à une situation inédite qui fragilise tout : les certitudes, les habitudes, la trésorerie, le sens même de l’activité. Et qui oblige à tout remettre en perspective : son sort, la relation à l’autre, les façons de travailler, de se protéger, de s’entraider. De quoi trembler. Mais de quoi aussi… se réinventer.

 

Quelle meilleure opportunité que le Covid-19 pour réinitialiser ses paradigmes ?

Le temps n’est plus à l’anticipation mais au présent. En temps de crise mondiale comme celle que nous traversons, les dirigeants doivent se montrer concrets, pragmatiques et exemplaires. En gros, il faut agir et vite en actionnant des solutions simples et efficaces qui se recentrent sur l’essentiel :

 

  • Le Core business: consolider sa trésorerie via la mise en place d’outils de mesure et de pilotage précis.
  • Le Care: renforcer la relation de confiance avec ses collaborateurs et ses partenaires stratégiques (clients et fournisseurs).
  • Le Digital: investir dans du matériel performant pour faciliter/accélérer/optimiser/sécuriser le travail à distance et en réseau.
  • Le Sens: (re)donner de la valeur à des notions aussi puissantes que le partage, la bienveillance (ce n’est pas grave d’essayer des choses nouvelles et de rater dans des périodes aussi troubles) et l’agilité (« Rien n’est permanent sauf le changement », dixit Héraclite)

 

Réagir et joindre les forces

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que les dirigeants ne sont pas seuls (la solitude du dirigeant est un mythe, pas une réalité). Pour opérer ce virage on ne peut plus stratégique, l’extérieur est là et n’attend qu’à être sollicité : l’État et ses aides incontournables, la réflexion solidaire entre acteurs d’un même écosystème (concurrents compris !) et l’intervention ponctuelle d’experts pour gérer la crise et manager les risques efficacement.

 

L’oxygène est à portée de main. Ré-apprenons à respirer !