5 questions à se poser pour prendre les bonnes décisions

Par Julien PelaberePatrick Scharnitzky pour La Harvard Business Review

Il est possible d’optimiser le fonctionnement de son cerveau pour réduire le risque d’erreur.

Aujourd’hui, les entreprises se veulent toutes agiles, créatives, réactives… Autant de caractéristiques qui nous obligent, dans un environnement de plus en plus complexe, à prendre davantage de décisions rapidement et avec peu d’informations. De quoi voir augmenter le risque d’erreur. Et ces erreurs ont un coût tant pour l’entreprise que pour l’individu lui-même.
Comment limiter ces erreurs ? Pour répondre à cette question, il faut prendre du recul et s’intéresser au fonctionnement de notre cerveau. Peu importe la terminologie employée, tous les chercheurs s’accordent à dire que notre cerveau dispose de deux modes de fonctionnement. L’auteur qui les présente de la façon la plus claire est certainement Daniel Kahneman avec sa théorie du cerveau à deux vitesses (lire aussi son article : « Comment surmonter le « bruit » qui parasite les prises de décision »). Nous disposons toutes et tous d’un cerveau lent, dit « rationnel », qui est capable de prendre des décisions logiques mais sous trois conditions : nous devons être motivés à ne pas nous tromper, investir de l’énergie mentale et physique, et bien sûr disposer de temps. Le reste du temps, nous utilisons plutôt notre cerveau rapide, dit « intuitif », qui est capable de prendre des décisions automatiques, très rapidement et sans effort. Celui-ci reproduit des schémas acquis et produit des réponses adaptatives sans même que nous en soyons conscients. Notre cerveau rapide nous fait parler fort aux seniors, vouvoyer nos chefs, mais nous fait aussi recaler un candidat mal habillé sur l’autel de la fameuse « première impression qui est souvent la bonne », etc.
Alors comment optimiser notre cerveau lent pour réduire les risques d’erreur ? Quelles sont les conditions nécessaires pour qu’il puisse dicter sa loi au cerveau rapide et, surtout, quelles sont les questions à se poser avant toute décision importante ?

1. Suis-je assez neutre émotionnellement ?

Les émotions peuvent être stimulantes ou bloquantes. Mais toutes sont polluantes pour la rationalité de nos prises de décision. A un instant T, une émotion, quelle qu’elle soit, encombre notre cerveau et nous prive de ressources. S’ensuit une décision potentiellement irrationnelle et liée à la nature de l’amorçage provoqué par la teneur même de l’émotion. En clair, une bonne nouvelle nous rendra potentiellement plus sympathique et tolérant, un recadrage du chef peut durcir nos opinions et nous rendre intransigeant, et un mauvais chiffre peut nous plonger dans une posture pessimiste. Le principe de l’amorçage le démontre scientifiquement. Dans une expérience de John Bargh, Mark Chen et Lara Burrows de 1996, des sujets étaient invités à compléter un test de langage consistant à reformer des phrases à l’aide d’une série de mots. Deux séries étaient utilisées, dont l’une composée de termes associés au stéréotype de la personne âgée (gris, vieux…). Les participants qui sont tombés sur cette série marchaient ensuite moins vite que les autres. Si l’effet ne dure pas, il montre bien que l’état émotionnel dans lequel nous sommes peut impacter nos actions.

2. Ai-je vraiment envie d’être exact ?

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