L’industrie automobile est l’un des secteurs les plus impactés par la crise de la Covid-19. En 2020, les ventes du marché automobile français ont chuté de 25,5 %, régressant ainsi à un niveau jamais vu depuis presque un demi-siècle (selon les chiffres de la CCFA – Comité des Constructeurs Français d’Automobiles – rapportés par Les Échos le 1er janvier 2021). En cause : la fermeture des concessions et des usines durant le premier confinement et la baisse de la demande due à la crise économique.

 

Ce constat oblige les acteurs du marché à déployer rapidement des actions fortes pour garantir la survie de leur entreprise. Le cost cutting, opération de réduction des coûts, fait partie des solutions à envisager pour réagir face à ce contexte difficile.

 

 

Qu’est-ce que le cost cutting ?

Le cost cutting, aussi appelé cost-killing, est une opération de réduction des coûts. En plein essor depuis quelques années, cette démarche vise à protéger la trésorerie et à réduire les pertes de l’entreprise, pour répondre à une situation de crise et d’urgence. Développée dans de grands groupes nord-américains dans les années 1990, cette pratique tend de plus en plus à se généraliser aujourd’hui, notamment dans les PME et dans les grands groupes. Dans le contexte actuel, le cost cutting peut donc représenter une solution très salutaire pour les entreprises en grande difficulté. 

 

 

Comment réduire les coûts avec le cost cutting dans l’industrie automobile ?

Voici les principales actions à déployer pour réduire les coûts d’une entreprise qui opère dans le secteur automobile (constructeurs automobiles, concessionnaires, équipementiers automobiles…) :

 

Effectuer un audit financier

Avant tout, il est important de réaliser un audit détaillé de toutes les dépenses de l’entreprise : les coûts de production, les coûts d’approvisionnement, les achats, les frais généraux, les charges de fonctionnement…

Tous les frais propres à chaque service doivent être rigoureusement analysés, avec les collaborateurs clés de chaque département concerné, et idéalement auprès d’un expert du secteur financier (expert-comptable, DAF…). 

L’objectif de cette première étape du cost cutting dans la filière automobile est d’analyser les flux de trésorerie et les résultats financiers des années et des mois précédents, pour faire état de la santé financière de l’entreprise et mettre en relief les coûts qui pourraient être optimisés, réduits, voire supprimés.

 

Réaliser un plan d’action de réduction des coûts

Le plan d’action va permettre de définir précisément à quels niveaux réaliser le cost cutting. 

Quelles sont les sources de gaspillage ? Quelles sont les dépenses non essentielles ? Quelles opérations pourraient permettre de réaliser des économies réelles ? Quel est le seuil de dépenses à ne pas dépasser pour maintenir l’activité de l’entreprise ? Il s’agit ici de définir, au travers d’objectifs chiffrés et d’indicateurs de performance (KPI), les actions à déployer pour réduire les coûts.

La réduction et l’optimisation des coûts peut s’effectuer à de nombreux niveaux : la chaîne d’approvisionnement  (choix des matériaux, des fournisseurs automobiles, des équipementiers, des transporteurs et autres sous-traitants industriels…) ; la chaîne de production (fabrication, construction automobile, assemblage…) ; les achats et la gestion des stocks… 

Il faudra notamment reporter les opérations onéreuses et non prioritaires, éliminer la surproduction dans la construction des véhicules, renforcer la productivité des équipes, accélérer les process, supprimer les sources de gaspillage, et donner priorité aux projets créateurs de valeur ajoutée.

Il est également intéressant de s’intéresser aux autres actions qui peuvent augmenter la rentabilité de l’entreprise, par exemple : assurer la satisfaction client, mettre en place un recyclage en circuit fermé de voitures en fin de vie, adapter son style de management, faire appel à l’innovation technologique (véhicules électriques, etc.). 

L’objectif à court terme est de limiter les pertes et de maintenir la trésorerie dans le vert, pour garantir la survie de l’activité. À long terme, une démarche de cost cutting permettra d’augmenter la rentabilité et la compétitivité de l’entreprise. 

 

Réaliser un suivi régulier et ajuster le cost cutting

Le cost cutting reste une mesure temporaire, qui répond à une urgence immédiate. Il doit donc être réalisé sur une période d’environ un an ou deux ans, après quoi il sera nécessaire de le réévaluer, et de le transformer en un vrai plan de relance. 

Il faudra notamment réaliser un suivi rigoureux, de manière mensuelle, des actions menées, des résultats financiers obtenus (à l’aide des KPI définis en amont). S’en suivra alors des actions correctives pour réévaluer les priorités et ajuster la stratégie de cost cutting.

 

Externaliser son opération de cost cutting  

Comme expliqué en amont, le cost cutting est une opération d’urgence, délicate à mener et qui doit être déployée à bon escient. Si elle est mal orientée, cette démarche peut avoir un effet très préjudiciable et aggraver encore plus la situation financière d’une entreprise.

Pour sécuriser sa stratégie de cost cutting et réduire efficacement les coûts dans son entreprise, le plus sûr est de l’externaliser auprès d’un manager de transition spécialisé dans les opérations de réduction des coûts. Familiarisés avec de telles situations d’urgence, ces leaders de haut rang disposent du pragmatisme, du savoir-faire et de l’audace nécessaires pour mener à bien un cost cutting efficace et impactant, assurer la pérennité de l’entreprise, contribuer à rebooster l’activité, et à améliorer les performances et les résultats financiers de la société automobile.